mardi 29 mars 2011

tricoter...c'est parler d'amour


Je crois que ce qui m'a donné envie de tricoter, je veux dire à l'âge adulte, c'est l'amour. oui, c'est très mièvre, mais c'est vrai. Je brodais au point de croix des modèles que j'inventais rien que pour lui, mais ça n'était pas suffisant. "Fabriquer" un pull, un objet fait maison sur lequel on a passé du temps, c'est bien mieux. Et ce langage du tricot ce décline pareillement quand je prends les aiguilles pour ma soeur, ma marmotte, mon ours...
Puis récemment je tombe sur une anecdote qui étaye mon concept de "tricoteuses-amoureuses" qui me touche. Le fameux pull "irlandais" (qui est en fait grand-breton et pas seulement irlandais) et ses jolis points torsadés, a pour origine une bien jolie coutume. Les femmes de marins de ces côtes britanniques si dangereuses avaient pour habitude de tricoter pour leurs maris, leurs fils, leurs frère toujours les mêmes types de côtes torsadées et points fantaisies, distincts de ceux de leurs autres amies tricoteuses de l'île. Si bien qu'en cas de naufrage, on pouvait identifier sur le rivage les pauvres corps défigurés...grâce à leurs pulls, et permettre aux familles de commencer leur deuil. c'est un peu triste mais c'est bien joli je trouve.

C'est idée du "message" caché dans la façon dont le tricot est réalisé nous amène bien sur chez la tricoteuse Mrs Defarge de "A Tale of Two Cities" de Dickens, qui conserve "une liste de noms" en langage codé au sein de son ouvrage tricoté. Ce mode codage est d'ailleurs repris chez Agatha Christie dans "Rendez-vous à Bagdad", où un espion qui vient mourir dans une chambre d'hôtel laisse derrière lui un foulard en tricot, au point irrégulier qui est en fait la codification du nom d'un espion cheik.

"-Je doute un peu qu'il soit possible de conserver une liste de noms à l'aide d'un tricot...Il est vrai que je ne sais pas tricoter...
-Ce n'est pas impossible, répliqua Victoria, examinant le problème. Un point de riz, un point à l'endroit, une maille glissée par-ci par-là, on doit pouvoir y arriver...Naturellement, ça ne ferait pas un beau tricot, ça ressemblerait plutôt à l'ouvrage de quelqu'un qui débute et qui commet des erreurs.",
They came to Baghdad, Agatha Christie

Je savais bien que le tricot était une langue...

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